Cameroun: violents affrontements inter-ethniques

Cameroon, Central Africa, Society — By AfricaTimes on July 21, 2011 1:06 pm

L’assassinat d’un membre de la première tribu citée à l’origine de ce drame qui a aussi fait plusieurs blessés hier.

Cameroun: affrontements intercommunautaires sanglants Une vive tension était au rendez-vous ce mercredi 20 juillet dans la ville de Mandjou, chef-lieu de l’arrondissement du même nom dans le département du Lom et Djerem, à 5km de Bertoua, la capitale régionale de l’Est. Des barricades ont été dressées sur tous les axes qui mènent au grand carrefour, précisément sur l’axe qui vient de Garoua-Boulaï, de Batouri et de Bertoua. En même temps, des ceintures de sécurité formées par les éléments de la légion de gendarmerie de l’Est, de la compagnie du Lom et Djerem, de l’escadron routier, de la brigade territoriale de Bertoua, du commissariat central de Bertoua, du Groupement mobile d’intervention (Gmi) n°7 de Bertoua, et du Bataillon d’intervention rapide (Bir) de Letta.

L’objectif de ce déploiement : encadrer les populations des communautés gbayas et bororos en colère, armées de machettes, gourdins et lances des deux côtés. «C’est mon petit frère qui est mort !», tente d’expliquer Jacob Doubaka, un cultivateur du coin aux hommes des medias. Mais ce dernier est vite interrompu par la foule enragée qui crie : «Le cadavre d’un Bororo doit se coucher ici aujourd’hui !». Pendant ce temps, la communauté gbaya s’active à la destruction générale des hangars des Bororos au carrefour Mandjou et au marché des vivres de la localité. «C’est la deuxième fois qu’un Bororo tue un Gbaya. En 2002, un Bororo avait tué un Gbaya lors d’une dispute», explique Simplice Minjos, 27 ans, et beau frère du défunt. «Un Bororo m’a poignardé en 2006», affirme André Auberlin Sapouma, 18 ans, tenant par là à confirmer les propos de Simplice Minjos.

Cohabitation
C’est finalement au cours d’une réunion de crise à la sous-préfecture de Mandjou, présidée par le gouverneur de l’Est, Adolphe Lélé Lafrique, et regroupant toutes les forces de sécurité de la région, les chefs traditionnels de Bertoua et de Mandjou, les responsables de la Croix-Rouge, ceux du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr), les responsables de l’association des Bororos et la société civile, qu’on a pu glanées les causes exactes de ce conflit interethnique. Selon le sous-préfet de l’arrondissement de Mandjou, Dagobert Avom, c’est l’assassinat «du nommé Bref Tchamakou Bigong qui a provoqué la colère des Gbayas qui veulent se venger». Agé de 42 ans, ce dernier a, selon le sous-préfet, été assassiné par un membre de la communauté bororo dans la nuit du mardi 19 juillet 2011 à 21h. «Lorsqu’on a égorgé la victime, nous avons essayé en vain de sauver sa vie, mais il est mort entre mes mains», affirme Marcel Wamgbe, représentant du service ? cuménique pour la paix.

La présence du sous-préfet sur les lieux du drame n’a pas réussi à calmer les esprits, puisque la situation s’est dégénérée hier mercredi à 7h.
Sentant la situation se compliquer, Dagobert Avom informe le préfet du Lom et Djerem et le gouverneur de l’Est pour les mettre au courant. Mais pour Adolphe Lélé Lafrique, les vraies causes de cette rébellion se trouvent ailleurs. «C’est un problème de cohabitation qui peut se générer en guerre civile». Il poursuit, sur un ton martial en faisan allusion aux réfugiés bororos d’origine centrafricaine : «Ceux qui sont arrivés doivent respecter ceux qu’ils ont trouvés!». Dans les milieux de la communauté Gbaya, l’on estime que les Bororos sont plus écoutés par les autorités à cause de leur puissance économique. Pour dédouaner les Bororos soupçonnés d’être à l’origine du conflit, Alio Garga Haman, vice-président régional de l’association des Bororos (Mboscuda), précise que leur mouvement s’occupe non pas de la haine, mais du développement.

Mutations.

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