Cameroun: le grand dilemme du journaliste aujourd’hui
Cameroon, Central Africa, Society — By AfricaTimes on May 24, 2011 4:16 pmLe coordonnateur de l’agence de presse Jade veut améliorer la qualité des enquêtes.
Les difficultés d’accès à l’information se font ressentir, la méfiance s’installe, et les sources d’informations se rétractent. Conséquence : les sujets de reportages traités sont peu fournis, ce qui occasionne une qualité d’information peu fiable. Ce constat est d’Etienne Tassé, coordonnateur de l’agence de presse des Journalistes en Afrique pour le développement au Cameroun (Jade). A cet effet, un projet de renforcement des capacités des médias pour la promotion du respect des droits de l’homme en milieu carcéral, financé par l’Union européenne et coordonné par Jade Cameroun, s’est tenu à Yaoundé, Douala et Bafoussam au mois d’avril dernier. Celui qui goupille aujourd’hui des sessions de formations pour journalistes est passionné du journalisme d’investigation, qui a fait ses premiers pas dans le métier à Challenge hebdo en 1992.
Avant de collaborer avec des magazines et agences internationales comme Jeune Afrique Economique, et l’agence Syfia. «J’ai été formé sur le tas. J’ai commencé par des formations au Cameroun, en Hollande en 1995, trois mois de formations intenses en France en 1996 au siège de Syfia Montpellier en France. C’est grâce à ça que j’ai véritablement été formé au journalisme d’agence», indique-t-il.
Titulaire d’un diplôme d’étude supérieur en marketing obtenu en 1985, il a d’abord travaillé dans plusieurs entreprises de la place comme responsable marketing. Mais Etienne Tassé, âgé de 51 ans aujourd’hui, qui ambitionnait de se mettre à son propre compte, va créer l’agence Jade Cameroun. «Je n’arrivais plus à respecter les engagements que j’avais avec mes partenaires d’Europe. J’ai donc mis sur pied cette agence assistée de mon épouse et de quelques amis. Les journalistes avec lesquels je travaillais exerçaient dans des rédactions bien connues», indique le coordonnateur de Jade Cameroun. Mais au début, les choses n’étaient pas aisées pour celui qui n’était que responsable commerciale du journal «Challenge hebdo».
En plus des différentes convocations dont il a fait l’objet à l’époque par le gouverneur de la région du Littoral Ferdinand Koungou Edima, il dit avoir été enlevé par des inconnus en 1995. Son pied droit porte encore les marques des sévices corporels dont il a été victime. «J’ai même été enlevé en 1995 et tabassé dans une brousse non loin de Douala par mes ravisseurs. Ce sont des moments de ma vie que je peine à oublier», se souvient Etienne Tassé. Même si ce dernier suppose que depuis l’année 2000, les articles qu’il produit sont inattaquables. Ceci à cause des nombreuses formations et du professionnalisme qu’il dit avoir acquis d’année en année. Ladite agence de presse a contribué à la production des articles d’investigations, mais aussi à la formation et à l’intégration des journalistes au sein de diverses rédactions tant au Cameroun que dans des organismes étrangers. Malheureusement, d’après le coordonnateur, le principal bâilleur de fond de l’agence de presse Jade/Syfia qui est la Francophonie a interrompu son financement entre 2009.
in Mutations.
Tags: Cameroun, Presse





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