Mozambique: fin de la visite de Lula
Cooperation, Mozambique — By AfricaTimes on November 11, 2010 11:01 amLe président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a terminé, ce 10 novembre 2010, son voyage au Mozambique, en inaugurant une usine de médicaments antirétroviraux dans la banlieue de Maputo. Il en a profité pour rappeler l’importance de l’émancipation du Sud vis-à-vis des États du Nord.
Chemise blanche, sans costume ni cravate, le président Lula s’est montré très décontracté lors de sa visite de deux jours au Mozambique. Pour son dernier voyage en tant que chef d’Etat et pour la troisième fois depuis son élection en 2002, Luiz Iniacio Lula da Silva a choisi Maputo, la ville des acacias. L’occasion de clore en grandes pompes sa politique africaine. « Je ne connais pas d’autre moment dans l’histoire brésilienne, où le président mais aussi plusieurs ministres, se sont déplacés en Afrique comme nous l’avons fait ces huit dernières années », a-t-il déclaré lors de l’inauguration d’une usine de médicaments antirétroviraux à Matola, dans la banlieue de Maputo ce mercredi matin, 10 novembre 2010.
Tout au long de ses deux mandats, Luiz Iniacio Lula a mis les moyens pour développer la « coopération Sud-Sud », chère à son cœur. Le président brésilien s’est rendu onze fois en Afrique, a visité 27 pays, et rouvert 16 ambassades. En huit années, les échanges commerciaux avec l’Afrique ont triplé, passant de 6,15 à 17,15 milliards de dollars.
Au Mozambique, le Brésil aide au développement et finance de nombreux projets: la formation de professeurs du secteur manufacturier avec l’aide du Service national de l’industrie ou encore l’informatisation du système de sécurité sociale. Avec cette usine de médicaments contre le sida, Luiz Iniacio Lula frappe fort. D’ici 2012, le Mozambique devrait être le seul pays africain disposant d’une usine publique de médicaments antirétroviraux. Il pourrait ainsi subvenir aux besoins des 2,5 millions de séropositifs du pays (12% de la population). Le Brésil aura alors déboursé 21 millions de dollars.
« Cette usine va libérer le peuple mozambicain de la dépendance aux laboratoires des pays développés. Il n’est pas correct, que le continent africain qui a été occupé pendant tant de temps par des pays riches, soit pauvre, et que les pays riches qui l’ont occupé accordent aussi peu d’importance à ce qui lui arrive », a tonné le président brésilien.
Brésil gagnant
Afin de parfaire l’émancipation du Sud, le président Lula insiste sur l’autosuffisance alimentaire. « La production de nourriture est ce qui garantit la souveraineté d’un pays. Le Brésil veut partager sa connaissance scientifique et technologique avec le Mozambique pour cela », a-t-il expliqué.
Pourtant, en juillet dernier le Brésil, l’Union européenne et le Mozambique signaient un accord pour produire du bioéthanol et du biodiesel destinés aux pays industrialisés, au détriment de cultures vivrières. 4,8 millions d’hectares de terres mozambicaines sont déjà utilisés par des entreprises étrangères pour cultiver le jatropha et la canne à sucre nécessaires aux agrocarburants.
De janvier à octobre 2009, les échanges commerciaux entre le Mozambique et le Brésil ont augmenté de 253% par rapport à la même période l’année précédente. Le volume d’affaires entre les deux pays tourne autour des 102 millions de dollars en 2009 contre 25 millions en 2008.
L’apparent dynamisme de ces échanges masque cependant une réalité moins florissante pour le Mozambique. Seuls 10% de ces échanges lui profitent alors que le géant sud-américain y exporte à près de 90% ses biens industrialisés.
RFI.






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