Cameroun: les patrons de la police et des renseignements renvoyés

Cameroon, Society — By AfricaTimes on September 2, 2010 9:52 am

Les décrets ont été diffusés mardi 31 août sur les ondes de la radio nationale. Les remplaçants – un ancien ambassadeur et un commissaire divisionnaire – ont pour mission de renforcer la sécurité intérieure du pays. Le Cameroun a été ébranlé ces derniers mois par diverses affaires de cambriolages et annonces de coup d’Etat.

A peine plus d’un an, voilà le temps qu’a passé Emmanuel Edou comme patron de la police camerounaise. Un mandat éphémère dont on retient nombre d’affaires qui ont installé un climat d’insécurité jusqu’au sommet de l’Etat.

Il y a eu cette série de cambriolages dans les édifices publics. Le dernier en date, le ministère des Finances a ainsi vu ses coffres-forts éventrés dans la nuit du 16 au 17juillet 2010. Le casse, réalisé dans le bureau du ministre, n’a jamais révélé son bilan.

Dans le même registre, les cambrioleurs ont poussé l’audace jusqu’à perpétrer des coups, quelques mois plutôt, au ministère de la Défense, au ministère de l’Administration territoriale et au siège même de la police. Dans la plupart des cas, les cambrioleurs courent toujours.

Il y a deux mois, il y a eu cette folle rumeur sur un coup d’Etat éminent à Yaoundé. Une bande sonore à l’origine non identifiée donnait dans le détail les articulations de ce coup d’Etat, semant du coup la panique au sein de la population. Il y était entre autres question de la dissolution de l’Assemblée nationale, de l’abrogation de la Constitution et de la formation d’un nouveau gouvernement provisoire de transition. L’affaire éclate alors que Paul Biya se trouve en France, où il participe aux festivités de la fête nationale française. Son entourage confiera plus tard qu’il en a été fort préoccupé.

A verser également dans le passif de l’ancien patron de la police camerounaise, la bruyante et douloureuse affaire Bibi Ngota, du nom de ce journaliste décédé dans des conditions jusqu’ici non élucidées dans la prison centrale de Yaoundé, en avril dernier.

Emmanuel Edou aurait instruit « l’exploitation » de cet infortuné journaliste dans les cellules infectes de la direction des renseignements généraux afin de lui soutirer des aveux. Bibi Ngota, alors directeur de publication du journal Cameroun Express, succombera entre autres des suites des traumatismes que lui auront infligé les éléments de la police.

Face à ces affaires qui mettaient à mal la sécurité et l’image du pays, la réaction, voire la sanction de Paul Biya était plus qu’attendue.

RFI.

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