Côte d’Ivoire: Election présidentielles.
Côte d’Ivoire, Politics — By Richard Nkafu on March 9, 2010 2:20 pmL’élection présidentielle renvoyée à fin avril-début mai ne se tiendra pas à cette date. Encore un rendez-vous manqué donc.
L C’est vrai qu’on commence à s’habituer à ces dates fantaisistes, qui nous donnent l’impression d’avoir été fixées juste pour faire plaisir à ceux qui veulent bien y croire.
La vérité, c’est qu’aucun des acteurs politiques concernés par le processus de sortie de crise n’a intérêt à ce qu’on sorte au plus vite de ce bourbier. On l’a écrit maintes fois, tous gagnent quelque chose à ce que les choses traînent en longueur. Qu’ils soient de l’ex-rébellion, du camp présidentiel ou de l’opposition, tous tirent parti, d’une manière ou d’une autre, de cette situation bâtarde (au sens où l’entend l’écrivain Ahmadou Kourouma) dans laquelle vit le pays depuis l’éclatement de la guerre en 2002.
Le statu quo fait l’affaire de ces divers groupes d’intérêt qui, tels des nageurs en eau trouble, profitent de l’opacité ambiante pour se livrer à des orgies financières. Sans que personne ne puisse demander des comptes à qui que ce soit. Les organes de régulation comme l’Assemblée nationale et l’Inspectorat de l’Etat étant réduits au silence. Le président Laurent Gbagbo gagne à voir perdurer cette situation qui lui garantit le confort lié aux privilèges rattachés à son fauteuil de chef de l’Etat. Le Premier ministre Guillaume Soro également tire profit de ce contexte fumeux, qui lui permet de « manger » aussi longtemps qu’il sera à la tête de la Primature. Les Forces nouvelles aussi.
Tant que l’élection présidentielle sera remise à demain, les seigneurs de guerre et tous ceux qui vivent de l’économie de guerre instaurée dans le Nord du pays, pourront perpétuer ce système auquel ils doivent leur fortune. Tout comme eux, les deux poids lourds de l’opposition que sont Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara et tous les partis signataires de l’accord de Marcoussis, ont de quoi souhaiter secrètement les reports. Tant que prévaudra cette situation de ni guerre ni paix, eux et leurs ministres et tous ceux qui continueront de vivre aux crochets de toutes ces structures flonflon créées dans le cadre de la sortie de crise. Commission électorale indépendante (Cei), Commission nationale de supervision de l’identification (Cnsi), Sagem, tout le monde bouffe. Y compris les leaders de la galaxie patriotique et les jeunesses de l’opposition, qui prospèrent dans ce contexte trouble qui leur offre d’heureuses opportunités d’affaires. Tous sont donc des prisonniers de la guerre, qui gagnent à voir reporter indéfiniment les élections
Richard Nkafu @ L’inter





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