Cameroun: guerre déclarée aux médicaments illicites

Cameroon, Health & welfare — By AfricaTimes on January 16, 2010 8:45 am

L’époque où le commerce illicite des médicaments génériques s’opérait au Cameroun au nez et à la barbe de tous est révolue. C’est du moins l’essentiel de ce qu’on peut retenir des deux jours de conclave auxquels ont pris part les pharmaciens, les experts du ministère de la Santé publique, les responsables de la police, des douanes, de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) et autres partenaires de santé au Cameroun. Au menu des concertations, la révision de la loi régissant la profession de pharmacien au Cameroun et la problématique de la vente illicite des produits pharmaceutiques. Deux sujets brûlants qui ont constitué l’objet des débats. Concernant le premier volet, les pharmaciens estiment que le cadre législatif et réglementaire doit être amélioré grâce à la mise en place d’un code de la pharmacie et du médicament soutenu par une charte aux différentes structures oeuvrant dans ce secteur les sommant de se mettre au pas. Au cours des travaux, « nous avons fait plusieurs propositions de loi que nous allons soumettre à l’Assemblée nationale afin qu’ils soient votés au cours de la séance plénière de mars 2010 », explique le Dr Boubakary Boulé, vice président de l’ordre des pharmaciens du Cameroun. Il a aussi été question de voir dans quelle mesure faciliter l’accès des médicaments dans les zones rurales.Après les dérives observées ces cinq dernières années autour du trafic des produits pharmaceutiques (corruption, contrefaçon, porosité des frontières…), les pharmaciens exigent qu’une filière de formation de pharmaciens douaniers soit créée au niveau de l’Ecole nationale de l’administration et de la magistrature suprême (ENAM). Ceci, espèrent-ils pourra « stopper l’hémorragie » qui paralyse ce secteur. Dans le même ordre d’idée ils suggèrent au gouvernement et à toutes les unités compétentes que tous les dons en médicaments provenant de ces ONG soient recensés, réceptionnés et contrôlés par les structures agrées. Conscient du constat selon lequel les faux médicaments ou ceux périmés ont inondé le marché, les professionnels de santé invitent leurs partenaires à réviser la structure des prix en tenant compte l’étude approfondie de la rentabilité des officines de pharmacie et de l’accessibilité des médicaments aux patients. Toutes choses qui ne peuvent être possible que si l’inspection de la pharmacie dans les régions et les départements est renforcée par l’augmentation du nombre des inspecteurs. L’action de ces derniers empêcherait la vente illicite des médicaments aux malades au sein des hôpitaux.

Concernant les formations sanitaires, les pharmaciens exigent à l’Etat en plus de décourager l’acquisition massive de médicaments, à faire respecter la réglementation en matière de détention des produits en fonction du plateau technique. Ceci en leur fixant des prix plus élevés que les prix de cession aux pharmaciens d’officines et en créant un cadre incitatif et saint pour l’éclosion de l’industrie pharmaceutique générique locale. Un accent a également été mis sur le renforcement de la communication en langue locale dans les zones rurales par la pénétration des réseaux des associations des femmes, l’extension des chaînes de radio et la sensibilisation des populations vivant dans lesdites localités. En somme, une kyrielle de mesures à laquelle les parties concernées gagneraient à respecter à la lettre pour épurer le secteur de médicaments au Cameroun.

In Le Messager.

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