Le Parlement de Luanda a adopté jeudi 21 janvier 2010 une nouvelle Constitution prévoyant que la tête de liste du parti vainqueur aux élections deviendra le président de la République, sans recourir au suffrage universel direct. Le texte a été voté par les représentants du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) – le parti du président dos Santos, au pouvoir de puis plus de 30 ans – et boycotté par les députés de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), principal parti d’opposition.
C’est donc par 186 voix pour, aucune contre et deux abstentions, sur un total de 220 députés, que le Parlement angolais a adopté cette nouvelle Constitution qui, selon les observateurs, renforce considérablement le pouvoir du président José Eduardo dos Santos, 67 ans. Le chef de l’Etat angolais va pouvoir rester au pouvoir, sans passer par une élection au suffrage universel. Les prochaines élections législatives sont prévues pour 2012. Lors du scrutin législatif de septembre 2008, le MPLA avait obtenu 82% des suffrages, un score qui, selon les analystes, serait difficilement atteint par le président lors d’une présidentielle au suffrage universel.
La Constitution adoptée ce jeudi 21 janvier par le Parlement angolais a divisé la majorité et l’opposition sur deux points : les pouvoirs du chef de l’Etat et le mode de son élection. Dès le début des débats sur le projet, au premier semestre de l’année dernière, les représentants du MPLA au sein de la Commission constitutionnelle avaient affiché leur volonté de renforcer les pouvoirs présidentiels. Les élus de l’opposition ont vite montré leur désaccord sur ce point, mais il n’y a pas eu de blocage.
A propos du mode de scrutin pour élire le chef de l’Etat, les députés du MPLA avaient lancé l’idée de d’abandonner le suffrage universel direct. Leurs collègues de l’opposition sont montés au créneau et l’idée avait alors été abandonnée.
Mais pas pour longtemps. Lors de la visite du président sud-africain Jacob Zuma à Luanda, en août dernier, son hôte José Eduardo dos Santos s’est adressé à l’Assemblée nationale. Il en a profité pour dicter sa volonté, à savoir que la liste du parti vainqueur aux élections législatives serait désigné seulement par les élus à la fonction suprême. Aucun député du MPLA n’a alors exprimé sa désapprobation. Malgré donc le boycott des débats à l’Assemblée nationale sur le projet par les députés de l’Unita, la nouvelle Constitution a été adoptée jeudi 21 janvier par une majorité aux ordres.
La nouvelle Constitution angolaise, avec ses 244 articles, fixe le mode de gouvernement du pays et définit les droits des citoyens. Le poste de Premier ministre a été supprimé, mais le chef de l’Etat peut choisir son vice-président qui aura le rôle de chef du gouvernement. Le texte qui remplace la Constitution de 1992 stipule également que toutes les terres appartiennent à l’Etat, pouvant être attribuées à des particuliers en fonction de projets d’intérêt national. L’opposition s’était prononcée pour que la terre soit attribuée aux communautés autochtones.
Pour entrer en vigueur, la nouvelle Constitution doit encore être approuvée par le président dos Santos et par la Cour constitutionnelle dont les membres sont nommés par le chef de l’Etat.
RFI.