Soudan: vingt coups de fouet pour port de pantalon
Society, Sudan — By AfricaTimes on October 23, 2009 9:12 amLa Cour de Khartoum-Est a condamné, jeudi matin, deux femmes dont l’identité n’a pas été dévoilée, à 20 coups de fouet chacune pour s’être vêtues de manière « indécente ».
Elles avaient été arrêtées en juillet dans un café de Khartoum avec la journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein qui est devenue, depuis, activiste pour la dignité des femmes. Ce cas avait eu un grand écho auprès de l’opinion publique internationale et mobilisé les associations de défense des droits de l’homme. Le code pénal soudanais est assez vague sur la notion de vêtements dits indécents, ce qui ouvre la voie à des condamnations arbitraires.Au total, ce jour de juillet, elles sont 13 à être interpellées dans ce café pour avoir porté un pantalon. Dix sont jugées immédiatement au poste de police et condamnées à dix coups de fouet chacune. Il y a eu, ensuite, le cas de Loubna Hussein, cette journaliste travaillant également, à l’époque, pour une agence onusienne basée à Khartoum. Elle a su largement médiatiser son affaire, à laquelle elle a donné la dimension d’un combat pour les droits et la dignité des femmes au Soudan.
Elle n’a été condamnée qu’à une amende de 200 dollars, payée par l’association des journalistes soudanais, qui a ainsi voulu, contre son gré, lui éviter la prison. Et, ce jeudi, donc, ce nouveau jugement : 20 coups de fouet pour les deux dernières « accusées », arrêtées ce jour-là.
Condamnations aléatoires
Il faut préciser que l’affaire de ce jeudi matin et celle de Loubna Ahmed al-Hussein n’ont pas été jugées devant la même Cour, et n’ont pas eu le même retentissement médiatique. Et aussi que la loi soudanaise est vague. L’article 152 du Code pénal prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque commet « un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique, ou porte des vêtements indécents ». Il laisse la voie à une interprétation très large et à des condamnations aléatoires.
Loubna al-Hussein qui a tenu à assister à l’audience de jeudi a souligné que, dans son cas, « il y avait plusieurs diplomates au tribunal, mais aujourd’hui il n’y en avait pas (…). Cette sentence montre que nous ne sommes pas toutes égales devant le juge … Je vais continuer à me battre contre cette loi ».
RFI.






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