Côte d’Ivoire : Sur les traces des responsables des déchets toxiques
Côte d’Ivoire, Criminality, Health — By AfricaTimes on October 6, 2009 11:30 amAllégations tendant à faire croire, avec le soutien très motivé et mercantile du cabinet d’avocats londoniens, Leigh Day & Co, disant représenter les plaignants d’Abidjan dans l’affaire des déchets toxiques, que « suite aux analyses de 20 experts indépendants auprès du Tribunal de Londres, aucun lien n’est établi entre les slops du Probo Koala et les décès, les fausses couches, les naissances d’enfants mort-nés, les malformations, les pertes d’acuité visuelle ou autres maladies graves et chroniques » constatés chez les victimes de cette catastrophe.
Si dès le 19 août 2006 au matin, 528 m3 de déchets toxiques provenant du Probo Koala, et constitués essentiellement d’un mélange d’essence avec la soude caustique et une forte concentration de souffre qui sentait très mauvais, ont pu être enlevés du navire et jetés aux 4 points cardinaux d’Abidjan, il a bien fallu des complicités avérées ou opportunes sur place à Abidjan, comme ailleurs à l’étranger où Trafigura est établi, pour permettre de déverser ce produit dangereux qui a créé tous ces problèmes environnementaux et humains. Devant l’énoncé du protocole d’accord du dimanche 20 septembre dernier entre le cabinet Leigh Day & Co et Trafigura, protocole on ne peut plus injurieux pour tous ces morts et toutes ces victimes marquées à vie dans leur chair, il importe aujourd’hui de situer les responsabilités tant ici qu’ailleurs afin que, même s’il doit y avoir une probable indemnisation de 31 000 victimes dont on ignore tout de l’identité à Abidjan, Trafigura comprenne l’ampleur de son « crime contre l’humanité » à Abidjan, en septembre 2006. Deux grandes catégories de responsables est à dissocier dans cette affaire. D’abord, les manipulateurs de Trafigura qui ont convoyé à Abidjan, les « déchets de la mort ». Ensuite, les complices sur le plan local qui ont favorisé l’entrée, le déchargement, le convoyage puis le déversement du produit toxique dans toute la ville d’Abidjan et ses alentours.
L’IDENTITE DES MANIPULATEURS DE TRAFIGURA…
En tête des responsables de cette catastrophe humaine et écologique à Abidjan, se trouvent Trafigura et sa chaîne de commandement basée à l’étranger. Cinq noms de cadres de Trafigura apparaissent sur tous les mails internes de la société, dont deux particulièrement dans le scandale. Il importe d’ailleurs que ces deux-là répondent devant la justice ivoirienne et internationale. Ce sont MM. Paul Short et Jorge Luis Marero. Le 1er, Paul Short, était le responsable Afrique de l’Ouest de Trafigura et le second, Jorge Luis Marero, était basé à Londres. C’est d’ailleurs le 1er nommé, Paul Short, qui a envoyé le 1er mail interne accablant dans cette transaction, mail expédié à 14H46 à la date du 17 août 2006 et de son adresse électronique HYPERLINK “mailto:paul.short@trafigura.com” paul.short@trafigura.com. Ce mail était adressé au Capitaine Kablan qui gère Puma Energy, la filiale de Trafigura à Abidjan. Dans ce mail, c’est lui-même Paul Short qui donne pour la 1ère fois la quantité du produit (528 m3), le nom du bateau de la mort (Probo Koala), la composition du produit (un mélange d’essence avec la soude caustique et une forte concentration de soufre. Le mélange sent très mauvais), précise même la conduite à tenir à Abidjan après l’enlèvement (disposé convenablement afin d’éviter tous problèmes environnementaux, ainsi qu’avec les autorités). Le 2è manipulateur de Trafigura dans l’affaire s’appelle Jorge Luis Marero. C’est lui qui a expédié le 2è mail accablant à 13H12 à la date du vendredi 18 août 2006 de son adresse électronique HYPERLINK “mailto:jorge.marero@trafigura.com” jorge.marero@trafigura.com. Ce mail était adressé à la société WAIBS Shipping, consignataire dans l’opération, et donnait le numéro de référence de Trafigura dans l’opération (20 951). « Nous vous prions de bien vouloir nous confirmer que vous pouvez assurer le déplacement et le déversement de ces déchets toxiques, et obtenir toute la documentation appropriée en conformité avec la réglementation en vigueur auprès de l’administration de l’environnement et des douanes en charge du déversement des déchets toxiques. PLS coordonne cette opération avec MESSRS « Compagnie Tommy Sarl ». Nous vous prions de bien vouloir nous alerter à tout moment sur tous les mouvements de navires », écrira-t-il dans son mail à WAIBS Shipping. Il faut préciser que les deux mails, expédiés par MM. Short et Marero, donnent les détails sur la nocivité du produit transporté. C’est encore le même Marero qui demande à WAIBS Shipping de « prévenir immédiatement aussi bien par téléphone que par écrit de tous désagréments, incidents, irrégularités qui pourraient survenir pendant le séjour du navire au port ». Pourquoi ? Parce que tout simplement, le produit à enlever était hautement toxique. A côté de ces deux cadres très actifs dans l’opération, il y a trois autres cadres dont les noms apparaissent sans que leur activisme ne transparaisse. Ce sont M. Paul Duncan, e-mail : HYPERLINK “mailto:Paul.Duncan@trafigura.com” Paul.Duncan@trafigura.com, M. Harry Thwaites, e-mail : HYPERLINK “mailto:Harry.Thwaites@trafigura.com” Harry.Thwaites@trafigura.com, et M. Naeem Ahmed, e-mail : HYPERLINK “mailto:Naeem.Ahmed@trafigura.com” Naeem.Ahmed@trafigura.com.
PORT, CIAPOL, MINISTERE DES TRANSPORTS, DOUANES, QUI EST RESPONSABLE ?
A la vérité, lorsque le Probo Koala entre dans le Port d’Abidjan pour commencer sa sale opération, le 19 août matin très tôt, toute une chaîne de complicités est en place. En tête, le Port Autonome d’Abidjan, à travers sa Capitainerie qui ne peut pas nous dire qu’elle n’a pas vu venir le Probo Koala. Même si on a voulu noyer par la suite M. Marcel Gossio, le DG, n’empêche que cette affaire nous a montré que soit, on avait un port très perméable comme les autres frontières de ce pays, soit il y avait une complicité à ce niveau d’exécution. Ensuite, il y a le Centre Ivoirien Anti-Pollution (CIAPOL). Cette structure de l’Etat censée nous protéger contre la pollution ne pouvait pas nous dire qu’elle n’était pas informée de l’entrée de la cargaison dangereuse au port d’Abidjan, puisque le CIAPOL a autorisation de fouiller tous les navires entrant pour déchargement, dans le cas des slops bien sûr. Q’est-ce qui s’est passé dans le cadre du Probo Koala ? Y a-t-il eu laxisme ? Ou alors les agents du CIAPOL ont été soudoyés une fois à bord ? Pourquoi n’ont-ils pas dénoncé le bateau de la mort à temps ? A ces questions, il n’y a jamais eu de réponses claires et cohérentes, et le mutisme de la structure sur cette affaire en dit long sur ses implications avérées ou supposées. Ensuite encore, il y a le ministère des Transports de l’époque, dirigé par M. Anaky Kobenan Innocent, via sa Direction générale des Affaires Maritimes et Portuaires (DGAMP). C’est cette Direction qui a délivré l’autorisation à Tommy, arrêté n°00169/MT/DG/AMP/DTMFL du 12 juillet 2006. C’est-à-dire que Tommy a été créée juste 1 mois avant l’arrivée du Probo Koala à Abidjan. Le ministre Anaky était-il informé des intentions de Tommy comme on voulait le faire croire ? Ou bien le Colonel Tibet Bi Ballou, jeté en prison pour cette affaire, a-t-il injustement payé pour tout le monde dans cette affaire ? On a encore les Douanes ivoiriennes qui ont délivré toutes les autorisations au Probo Koala pour décharger. Que savaient exactement les Douanes ? Pourquoi face à la forte senteur inhabituelle pour des slops qu’on débarque quotidiennement, les douaniers n’ont-ils rien dit ? Et puis, il y a l’énigmatique société Tommy. Qui est derrière Tommy ? Qui Tommy cache-t-il ? Une chose est sûre, c’est que l’analyse de ces 3 courriers internes de Trafigura atteste deux choses. Un, que les produits déversés sur les terres ivoiriennes étaient hautement toxiques. M. Jorge Luis Marero a même fortement recommandé que lesdits produits soient tenus à l’écart de la cité et des êtres humains. Deux, que Trafigura a-t-il cherché, via Tommy ou Puma Energy, à trouver un endroit idéal où déverser et parquer ses déchets toxiques. Si le site d’Akouédo a été retenu par Tommy, pourquoi finalement le produit dangereux a été répandu dans tout Abidjan ? Tommy cherchait-elle à dissimuler son échec d’Akouédo en les déversant dans la forêt du Banco, à l’entrée d’Abobo, dans les bouches d’évacuation du Zoo d’Abidjan ? Qu’est-ce qui n’a pas marché dans l’opération pour que ce soit finalement dans la cité que le produit ait été déversé ? Ces questions resteront sans réponse parce que face à la catastrophe nationale, les bouc-émisaires, en l’occurrence le capitaine Kablan de Puma Energy, vont être arrêtés pour contenter les populations en colère, le gouvernement va démissionner pour marquer sa solidarité au peuple, et au moment où on s’attendait à ce que l’affaire soit confiée à un juge, c’est à une politisation du problème qu’on va avoir droit avec l’audition des DG du Port d’Abidjan, des Douanes, de PETROCI devant les parlementaires. Là où il fallait des juges, on enverra des députés. La suite, on la connaît, les gros poissons cassent les mailles des filets pour partir tranquillement, et les petits se font prendre. Trafigura paie 100 milliards FCFA à Ouagadougou aux autorités ivoiriennes pour éviter toutes poursuites judiciaires de la part de notre pays. Pendant ce temps, Paul Short, Jorge Luis Marero, Paul Duncan, Naeem Ahmed et Harry Thwaites sont bien au chaud en Europe, évitant soigneusement la destination Côte d’Ivoire.





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3 Comments
les noms des responsables en cote d ivoire
verite
je ne suis d accords pourquoi c est la cote d ibvoire qui a vecu tous ses senarios.