Burkina Faso : VIIe Forum mondial du développement durable
Burkina Faso, Evènement — By AfricaTimes on October 12, 2009 10:45 amOuagadougou a abrité, les 9, 10 et 11 octobre 2009, le VIIe Forum mondial sur le développement durable. Experts et chefs d’Etat ont planché sur le thème « Changements climatiques : quelles opportunités pour le développement durable ». La rencontre d’Ouagadougou précède de 65 jours le sommet mondial de Copenhague sur les changements climatiques, tribune où l’Afrique est bien décidée à négocier d’une seule voix.
Le Forum mondial pour le développement durable (FMDD) d’Ouagadougou s’est déroulé en plusieurs étapes. Une première réunion qui a regroupé plus d’une centaine d’experts pluridisciplinaires, puis une session ministérielle. Experts et décideurs ont tous plaidé en faveur d’une prise de conscience africaine du danger auquel la terre est exposée et ont appelé à une synergie d’actions vigoureuses pour limiter considérablement les gaz nocifs pour la couche d’ozone.
Le dimanche 11 octobre marquera d’une pierre blanche le cycle des fora mondiaux sur le développement durable. Quittant la salle de conférences, le FMDD prend ses quartiers au palais des sports de Ouaga 2000 pour y exécuter son troisième acte. Une grande première pour ce sanctuaire du sport burkinabè qui abritait pour la première fois une manifestation. Pour ce jour exceptionnel, il a ouvert ses portes aux populations mobilisées afin d’apporter leur soutien à ceux qu’elles ont mandatés pour défendre leurs intérêts. Une présence toute justifiée, les populations étant les premières concernées par les conséquences dramatiques des modifications des profils climatiques.
A l’occasion, le palais des sports a accueilli six chefs d’Etat africains. Thomas Yayi Boni du Bénin, Amadou Toumani Touré du Mali, Denis Sassou-N’Guesso du Congo, François Bozizé de la République Centrafricaine, Faure Gnassingbé du Togo ont effectué le déplacement de Ouagadougou pour sceller aux côtés du Président du Faso, Blaise Compaoré le pacte commun de combat. Etaient également présents, des chefs de gouvernement, dont le Premier ministre de Côte d’Ivoire, Guillaume Kibafory Soro. Parmi les hôtes de marque du forum, on a compté l’ancien président français, Jacques Chirac et le ministre français de l’Environnement Jean Louis Borloo. C’est le président Blaise Compaoré qui a présidé la cérémonie d’ouverture de l’acte majeur du forum.
Evoquant les épisodes dramatiques vécus par les populations burkinabè, africaines et asiatiques, du fait des bouleversements climatiques, le président Compaoré a déclaré : « la stabilisation des concentrations des gaz à effet de serre à un niveau qui limite les perturbations du système climatique est indispensable pour préserver l’ensemble du globe de la pollution et des catastrophes naturelles telles que les inondations, les sécheresses et la perte de la biodiversité. »
Front commun pour Copenhague
La rencontre d’Ouagadougou, selon Blaise Compaoré, traduit « la volonté du Burkina Faso de favoriser le partage de savoirs et d’expériences porteuses issus des précédentes éditions ». Celle-ci, a-t-il indiqué, « s’inscrit comme une plate-forme de concertation entre les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile, dans la perspective de la quinzième conférence des parties sur les changements climatiques prévue en décembre 2009 à Copenhague ».
« Aucun programme de développement socio-économique durable ne doit ignorer l’importance des changements climatiques », a proclamé le président du Faso. Même son de cloche pour monsieur Cheick Sidi Diarra, secrétaire général adjoint, conseiller spécial pour l’Afrique de l’Organisation des Nations unies qui, citant le 4e rapport d’évaluation du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat publié en 2007, a indiqué : « D’ici 2020 en Afrique, entre 75 et 250 millions de personnes souffriront de la raréfaction des ressources en eau pendant que les rendements de l’agriculture dépendant des eaux pluviales pourraient être réduits à hauteur de 50% dans certains pays africains. Des millions de personnes seront déracinées en raison de l’élévation du niveau des mers dans les pays de faible altitude et dans les zones côtières densément peuplées ». Avec seulement 3,8% de taux d’émission de gaz à effet de serre, fera remarquer Jean Ping, président de la commission de l’Union africaine, l’Afrique est paradoxalement le continent le plus vulnérable qui a subi et subit encore les plus graves conséquences du réchauffement climatique avec ses effets corollaires (sécheresses, inondations, intempéries, érosion des sols…) Une injustice dont le continent noir doit exiger la réparation à travers une position commune que doit défendre une équipe de négociateurs.
« Cette position commune procède à la base du principe de la responsabilité partagée mais différenciée et qui exige notamment réparation et dédommagements pour les dégâts subis par l’Afrique du fait du réchauffement planétaire provoqué par les actes irresponsables prolongés, perpétrés dans les pays industrialisés », dira Jean Ping. Atténuation, adaptation, accords financiers, développement et transferts des technologies constituent les quatre points autour desquels s’articule la position commune africaine, selon le premier commissaire de l’Union africaine.
Initiative saluée par l’ancien président français, Jacques Chirac, présent au forum, au nom de la fondation qu’il dirige. « Je salue les efforts des Etats africains qui représentent plus du quart des Etats de l’Organisation des Nations unies, pour parler à Copenhague d’une seule voix », a dit Jacques Chirac qui a plaidé pour une accélération du combat pour le développement, la sécurité alimentaire, la santé. « Comment imaginer agir sur les pollutions, les émissions de carbone, la destruction des forêts, sans agir d’abord sur les causes : le déficit de développement, le manque de moyens des Etats, la pénurie d’investissements dans le secteur privé », s’est-il interrogé.
Les tout-petits ont également joué leur partition, joignant leurs voix à toutes celles qui se sont élevées au cours du forum. Représentés par une fille et un garçon, les jeunes générations ont présenté une déclaration au cours de la cérémonie d’ouverture. « Nous vous interpellons à vous investir davantage pour des actions plus concrètes d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques », ont lancé Wilfried Ouédraogo et Hortense Zongo.
On ne saurait passer sous silence l’intervention d’Emile H. Malet, directeur de la revue « Passage ». « Il nous faut faire du développement un enjeu de solidarité intergénérationnelle et d’une durabilité à l’épreuve des catastrophes et des fléaux économiques égoïstement financiers et socialement ravageurs », a déclaré entre autres celui qui a été l’une des chevilles ouvrières du forum. Les forumistes se sont quittés après lecture de la déclaration d’Ouagadougou et au terme d’une conférence de presse animée dans la salle de conférences d’Ouaga 2000.
ZIDA Sidwaya





Share on Facebook
Digg This
Bookmark
Stumble
0 Comments
You can be the first one to leave a comment.