Burkina Faso: Duarte Paulo vers sa démission ?

Burkina Faso, Sport — By AfricaTimes on October 20, 2009 11:06 am

La sortie de l’entraîneur national des etalons, Paulo Duarte contre les articles de journalistes sportifs, qu’il a traités de « merde » et de « corrompus » après le match des Etalons contre la Guinée, le dimanche 11 octobre 2009 à Accra, la capitale ghanéenne, continue de faire des vagues. Des hommes de quelques organes de la place condamnent cette sortie et demandent des excuses publiques de la part du coach Portugais des Etalons.

Antoine Battiono (Journal « Le Pays ») : Je trouve que la sortie de Paulo Duarte était inopportune, et ne cadre pas avec l’éthique et l’esprit sportif. Il était visiblement remonté contre les hommes de medias du Burkina et voulait à tout prix déverser ce qui lui était sur le coeur. Mais il a fait preuve d’un manque notoire de tact. Nous sommes des partenaires, nous n’avons jamais injurié Duarte. Pourtant, ce sont des injures que lui a proférées à l’endroit des journalistes burkinabè et cela mérite des sanctions sportives au niveau national ou international. Je pense qu’il faut interpeller la Fifa, vu que cette institution a décidé de plancher sur le cas Maradona qui a tenu à peu prés les mêmes propos envers des journalistes argentins. Je crois que Duarte n’était pas lui-même, lorsqu’il tenait ces propos. Pour une personne appelée à éduquer, à manager de jeunes burkinabè, c’est vraiment déplorable. Il doit demander des excuses publiques. Car les hommes de médias ne sauraient tolérer une telle sortie. Il a en fait exprimé un dégoût pour la presse ce qui est condamnable.

Abdoul Junior Sankara (Radio fémina FM) : Un entraîneur national ne doit pas tenir de tels propos. Il faut qu’il sache que chacun doit faire son travail convenablement. La presse burkinabè a toujours été tendre avec Duarte. Les responsables fédéraux avaient souhaité que la presse taise certaines informations pour créer l’union sacrée autour des Etalons, vue la situation difficile que traversait le onze national. Ce ne pas parce qu’il a qualifié les Etalons qu’il va se permettre de tenir de tels propos. Ce sont des propos déplacés qu’il ne faut pas tenir à l’endroit de ses partenaires. Il oublie que c’est en partie grâce à la presse burkinabè qu’il est sollicité un peu partout. Duarte doit se contenter de ses résultats sur le terrain. Le jour qu’il fait de bons résultats, il est applaudi, le jour qu’il fait de mauvais résultats, il faut doit avoir le courage de l’assumer. Les entraîneurs de tous les pays sont critiqués par les medias et ce sont ces critiques qui les amènent à rectifier le tir.

Fernand Kouda (Sidwaya sport) : C’est désolant et inadmissible de la part d’un entraîneur national. Je n’arrive toujours pas à m’expliquer cette attaque contre la presse nationale. Duarte gagnerait à maîtriser ses nerfs et accepter les critiques. Certes, la Côte d’Ivoire est l’une des meilleures équipes du moment, mais ce n’est pour autant qu’il faut caresser Duarte dans le sens du poil après que son équipe ait encaissé 5 buts. Les critiques sont objectives et n’ont rien de malsain. La presse a toujours soutenu l’entraîneur national et cette sortie est à condamner avec vigueur.

Abdoul Diallo (Radio télévision du Burkina) : Certains de nos confrères ont prêté le flanc. Ils ont commencé à encenser l’entraîneur lorsqu’il a réussi le premier tour des phases éliminatoires de la Can/coupe du monde. Lorsqu’un journaliste fait un commentaire il doit toujours s’aménager une porte de sortie. Après la défaite (5-0) contre la Côte d’Ivoire, toute la presse a attiré l’attention de l’opinion sur la double casquette de Duarte. Je pense que Duarte ne peut pas être entrain de chercher les remèdes pour que Le Mans se ressaisisse dans le championnat français et se préoccuper dans le même temps des Etalons. Poser ce problème vaut-il le coup pour les journalistes, d’être traités de la sorte par Duarte ? Il ne peut pas poursuivre deux lièvres à la fois. Cela n’est un secret pour personne. L’entraîneur national doit avoir des égards pour la presse. Même si je trouve que la presse a commis le péché mignon d’avoir encenser Duarte dés les premiers résultats. C’est dommage pour l’entraîneur et je crois que la presse doit tirer les leçons pour la suite. A Abidjan tout le monde a vu que Dagano ne donnait pas, Kéré était fâché sur le terrain et Charles Kaboré n’était pas dans le match. Il fallait faire appel à d’autres joueurs, ce qu’il n’a pas fait. Je ne suis pas un entraîneur certes, mais quant ça ne va pas, il faut avoir le courage de le dire ou de le reconnaître.

Claude Roamba (Télévision Canal3) : Je crois que c’était une sortie inopportune de Paulo Duarte. Surtout pas après cette qualification des Etalons pour la Can en Angola. L’heure devait être plutôt à l’union et au resserrement des rangs. On a vu une équipe des Etalons qui a péché par manque de solidarité. On constate même que le groupe n’est plus soudé comme avant. L’encadrement gagnerait à remobiliser la troupe au lieu de s’en prendre à la presse. Cette sortie m’amène à me demander si cela n’est pas un signe avant coureur de la prochaine démission du coach. En tous les cas elle me laisse un peu perplexe et je trouve qu’elle n’est pas fortuite. La double fonction d’entraîneur de Duarte est de plus en plus décriée et peut-être que l’intéressé veut s’aménager une porte de sortie. Je crois qu’il faut vite résoudre ce problème et ramener la sérénité au sein du groupe Etalons.

Zoundi Fasozine

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