Darfur: retour sur une tragédie à ciel ouvert
East Africa, Violence — By AfricaTimes on March 10, 2009 1:11 pmRiccardo Barlaam, interview
Un bien embarrassant ballet. Des leaders africains parmi lesquels des arabes. La Chine et la Russie, ceux qui vendent les armes et prennent le pétrole. L’Iran et Gaza. Khaddafi et l’Union Africaine. Tous protestent contre le mandat d’arrêt international de la Cour Pénale Internationale lancé le 4 mars dernier a l’encontre de Omar El Béchir, le président et dictateur du Soudan, pour ses responsabilités présumées de génocide au Darfur El Béchir fait de mirobolantes affaires avec l’Occident et la Chine. Et il est tres apprécié de tous pour sa générosité, pour ses contrats, les ordres (même des armées), et, surtout pour son pétrole. Il est aussi apprécié des Italiens: une grande entreprise de bâtiment a construit un hôtel moderne de cinq étoiles qui vient juste d’être inauguré à Khartoum. Il y a deux ans, le président soudanais avait été recu en grande pompe en Italie par des politiciens, des entrepreneurs et même par le pape.
Le Darfur est une région désertique grande comme la France où en six années de conflit entre les groupes rebelles autonomes, les forces gouvernementales et les milices Djandjawides, au moins 400 000 personnes ont été tuées et plus de 2 millions de déplacés dans l’indifférence totale de l’Occident.
Le gouvernement soudanais, en représailles au mandat d’arrêt de la CPI, accusée de néocolonialisme, a expulsé 13 organisations humanitaires qui s’occupent des réfugiés. La Commission des Droits de l’Homme à Genève annonce l’ouverture d’une enquête.
Le ballet des leaders scandalisés continue. Une des rares voix africaines, autorisée, qui s’éleve contre le camp des pro Béchir est celle du prix Nobel de la paix Desmond Tutu:«La CPI cherche a protéger les victimes et non leurs auteurs. Et les victimes de cette guerre sont africaines».
Paolo est un coopérant italien qui est revenu du Darfur il y a 10 jours après une mission d’un an et demi. Ce n’est cependant pas son vrai nom. Il a requis l’anonymat pour ne pas porter préjudice aux autres organisations humanitaires restées au Soudan. Il parle des victimes et des bombardements.
Quelle est la situation sur le terrain au Darfur?
La guerre continue. Les premiers accords de paix signés entre les rebelles et le gouvernement soudanais en 2006 devaient mettre fin au conflit.
L’accord prévoyait le désarmement des milices Djandjawides, le démantelement des rebelles et leur incorporation dans les forces régulieres. En réalité, rien de tout cela n’a été fait parce les accords n’ont été signés que par une faction rebelle:l’armée de libération du Soudan (SLA). Les autres groupes rebelles n’ont jamais deposés leurs armes.
Combien y a t il de groupes rebelles autonomistes?
Nul ne le sait avec exactitude. Il en nait tout le temps. Les principaux sont
le Sla et le Jem (le Mouvement Justice et équité), respponsable de l’attaque de Khartoum. Moins nombreux mais cependant plus armés. Les groupes proliferent parce que le gouvernement n’a pas respecté ne serait ce que de façon minime les accords.
Les premiers accords de paix de 2006?
Ceux la. Le gouvernement à cette occasion s’engageait à favoriser le développement du Darfur.
Fashir, la ville la plus importante du Nord Darfur, n’a pas encore d’électricité. La seule énergie qui y arrive étant celle des génerateurs.
Que veulent les rebelles?
Un des points de l’accord stipulait que le gouvernement s’engageait à intégrer les rebelles dans l’armée réguliere. Ils veulent etre integrés, oui, mais tous avec des grades élevés. Tous voudraient etre colonels voire généraux. Une exigence qui ne facilite pas le processus de normalisation.
Juste cela?
Ceci est un des nombreux points sensibles. Je crois que l’un des points qui génere le conflit, plus que l’autonomie, c’est le développement de la région. Le Darfur est traditionnellement une route importante pour le commerce avec la Libye, pour le bétail et autres biens. Le gouvernement soudanais a construit une route ailleurs coupant ainsi le Darfur de l’économie nationale, et appauvrissant encore plus cette région. Le contraire de qu’il avait promis. Immaginez vous que pour construire cette fameuse route liaison entre Khartoum et Fashir, avant la guerre, la population du Darfur s’était imposée des taxes pour pouvoir la financer. Elle avait décidé de payer le sucre au prix global pour financer les travaux de la route.
Que s’est-il passé la dernière année?
La situation est pire. La crise humanitaire est pire. Dans les combats de 2008, onze humanitaires sont morts, pareil pour des casques bleus de la mission de l’ONU et, des milliers de civils. On ne sait pas qui sont les responsables de ces morts. Souvent ce sont les milices islamiques, les Djandjawides qui aident le gouvernement et, même des rebelles. C’est une guerre de tous contre tous…
En février dernier un nouvel accord de paix a été signé a Dubai.
Une faction rebelle ne l’a pas accepté.
Les bombardements continuent-ils?
Les bomardements continuent. Ils sont de l’armée soudanaise. Ils ne se sont jamais arrêtés. Ils ont des Antonov russes et des chasseurs bombardiers.
Je crois comprendre que la paix est encore un mot sans aucune signification…
La chose la plus absurde de cette guerre est que avant les accords de paix ou des rencontres de négociation les combats augmentent. Ainsi les factions en jeu réussissent a arriver a la table des negociations avec plus de pouvoir de contrainte. C’est absurde mais c’est comme cela.
Les réactions en choeur en faveur du président El Béchir impressionnent
Il y a beaucoup d’intêrets économiques en jeu.
Quelle idee t’es-tu fait de la responsabilité du gouvernement soudanais?
Les faits parlent d’eux mêmes. Ce sont eux qui bombardent. Il n’y a qu’eux seuls qui possèdent des avions.
Bombardent-ils les groupes rebelles?
Ils bombardent les villages africains. Et dans les villages il y a des civils, il y a des femmes et des enfants. Peut-être y a-t -il aussi des rebelles. Mais les bombes ne font pas de distinction.
Pourquoi continuent-ils de bombarder?
Je ne sais pas. Ce que tout le monde se demande c’est: qui le leur demande de faire? Ils jettent des bombes sur les cabanes, mais qui le leur demande de faire? Le prix pour déplacer un avion et acquérir une bombe est tres significatif par rapport à ce qui va être détruit.
Quelle est la fréquence des combats?
Ils sont presque quotidiens. En un an et demi au Darfur, je me suis habitue au bruit des avions de guerre et des mitraillettes. Toutes des Kalachnikov russes. D’un côté comme de l’autre.
La situation pour les humanitaires risque-t-elle d’empirer apres le mandat d’arrêt de El Béchir et l’expulsion des premières 13 ONG?
Nous ne l’espérons pas. Nous travaillons avec toutes factions parce que notre but c’est la population civile. Aujourd’hui la situation était plus calme au Darfur(…) Ne pas se déplacer pour les humanitaires signifie pas de possibilité d’intervention. Les ONG travaillent pour la population. Et s’ils s’en vont personne ne peut plus assister la population.






Digg This
Bookmark
Stumble
1 Comment
le male de l’Afrique c’est l’africain lui meme; il refechit male, vie male, et a la fin, il meurt male.
le male de l’afrique c’est la richesse du sous-sol. S’il n y avais le petrole, Soudain serait en paix.
s’il n yavait pas le cotan, l’or, diamant etc au congo, kabila et ses freres serait en paix.
Alors la richesse de l’afrique l’apporte le malheur.
le male de l’afrique vient des pays exploitateur de l’afrique. le male de l’afrique vient des pays producteurs des armes.
jusqu’a quand l’afrique doit continuer a vivre dans cet enfer. qui a la reponse?